Ich bin ein Regulator (2/2 : et Bâle, c'est bath)
Emmeline et Jea... — 02/10/2008 - 23:39
NB : Cet article fait suite à celui-ci.
IV. La régulation bancaire

La première chose à noter sur les accords de Bâle II et qu’ils sont trop récents pour être à l’origine de la crise actuelle puisqu’ils ne sont appliqués que depuis janvier 2007 en Europe. Si la régulation bancaire est coupable, c’est plutôt du côté des accords précédents, Bâle I, qu’il faut regarder.
Mais au fait, pourquoi régule-t-on les banques ?
La réponse que l’on trouve généralement ici et là est qu’il faut imposer la prudence aux banques afin que les déposants ne craignent pas pour leurs dépôts et ne courent pas retirer l’argent de leurs banques pour le planquer sous leurs matelas (ce qu’on appelle des bank run). Dans la plupart des pays, la solution retenue est bien simple : les dépôts sont obligatoirement assurés, donc même si votre banque fait faillite l’assureur vous redonne votre argent. Evidemment il se peut que votre banque et son assureur fassent faillite, en quel cas c’est vraiment pas de chance, mais cela ne peut arriver que si beaucoup de banques font faillite en même temps, risque dit « systémique » et très différent du bank run. Rappelons au passage qu’il est à peu près impossible qu’en France les épargnants perdent leurs dépôts bancaires et que la promesse de Sarkozy sur ce point ne veut rien dire, à moins qu’il ait voulu parler des « épargnants » ayant de gros portefeuilles d’actions, pas des détenteurs de petits livrets A.
Le vrai risque n’est pas le risque de bank run, c’est le risque dit systémique. Un bel exemple est fourni au début de ce petit article très accessible auquel nous renvoyons nos lecteurs. Les banques elles-mêmes n’ont guère envie de faire faillite, néanmoins, du moment qu’elles prêtent plus d’argent qu’elles n’ont de dépôts, elles courent le risque que tous leurs débiteurs soient dans l’incapacité de payer en même temps, ce qui entraîne des difficultés pour la banque. Le marché lui-même donne aux banques des incitations à ne pas trop prendre de risque : pour s’endetter à un bon taux, la plupart des banques cherchent à être notées AA, c'est-à-dire à avoir une probabilité de ne pas honorer leurs dettes de 0,03 %.
Mais ni la banque ni ses créanciers ne prennent en compte un élément décisif : lorsqu’une banque est en difficulté et se voit dans l’incapacité de payer ses dettes, elle entraîne dans ses difficultés les banques qui lui avaient prêté de l’argent, si bien qu’à leur tour celles-ci peuvent faire défaut. Du problème d’une banque, on en arrive à la crise du système bancaire. C’est ainsi que l’on peut parler d’une incitation à prendre « trop » de risques – du point de vue global de la société, et même si chaque banque peut trouver, à juste titre, parfaitement équilibré de viser AA.
Rappelons donc cette vérité première : sans régulation bancaire, chaque banque essaie de garder une probabilité de défaut d’environ 0,03 %. En raison de l’externalité évoquée, c’est trop, le seul moyen de diminuer cette probabilité est de réguler, d’une manière ou d’une autre. Les accords de Bâle II par exemple essaient de garder cette probabilité aux alentours de 0,01 %. Ce problème explique aussi que la profession bancaire soit une des plus régulées du monde, puisqu’il existe assez peu d’activités où le comportement d’un acteur peut entraîner le krach d’un système financier complet.
Les accords de Bâle I avaient une approche assez simpliste du problème en exigeant des banques que leurs fonds propres correspondent au moins à 8% des actifs engagés, sachant que ces actifs sont pondérés différemment selon qu’il s’agit d’obligations d’Etat ou de prêts à des entreprises par exemple (les premières étant bien moins risquées).
Les accords de Bâle II reprennent le même principe essentiel, tout en étant beaucoup plus subtils pour prendre en compte les différences de risques entre actifs et entre portefeuilles plus ou moins diversifiés. Ce premier « pilier » est renforcé par deux autres, complémentaires, que sont la surveillance directe du régulateur et la « discipline de marché », il s’agit notamment de rendre obligatoire la publication de certaines informations afin que le risque des banques soit mieux cerné par les investisseurs.
V. Avant la crise, donc à l’époque de Bâle I…
La régulation née des accords de Bâle I a effectivement pu avoir pour effet d’inciter les banques à prendre des actifs risqués. Mettons qu’une banque non régulée choisisse un portefeuille d’actifs A, qui lui donne une probabilité estimée d’être en difficulté de 0,03 %. La régulation de type Bâle I suppose qu’en imposant un ratio fonds propres / actifs engagés de 8 % la banque réduira toutes ses positions de manière équivalente, ou augmentera ses fonds propres, mais gardera un portefeuille composé comme le portefeuille A. Si c’était le cas, la banque n’aurait que 0,01 % de chances d’être en difficulté, alors qu’elle est prête à risquer plus. Elle peut donc contourner la régulation en prenant des actifs plus risqués, par exemple en accordant des crédits plus risqués et à des taux plus élevés, mais qui seront vus par le régulateur comme portant un risque similaire. La banque acquiert donc un portefeuille B, plus risqué que le portefeuille A. Au final le risque pris par la banque est plus élevé que ne le vise la régulation, mais probablement moins qu’en l’absence de celle-ci.
Idéalement les accords de Bâle II pourraient répondre à ce problème pour les plus grandes banques, dont la régulation est pour partie basée sur leurs propres modèles de gestion du risque. Le ratio de fonds propres est idéalement lié à la Value at Risk de la banque, c’est-à-dire aux pertes qu’elle a 99,99 % de chances de ne pas dépasser (donc en gardant des réserves égales à cette quantité on peut faire face à ses pertes sauf dans 0,01% des cas). Idéalement toujours, les réserves demandées à la banque devraient réagir au passage du portefeuille A au portefeuille B. Beaucoup de problèmes sont posés dans la pratique par l’application des accords de Bâle II, mais bien appliqués ils devraient permettre de répondre à beaucoup de critiques faites à Bâle I.
Disons-le tout de suite, le gros défaut de la réglementation issue de Bâle II est qu’elle néglige à peu près totalement deux éléments : la réaction des banques à la réglementation, l’endogénéité du risque systémique. Le régulateur adopte le point de vue des banques en cherchant à prendre des mesures préventives contre un risque donné, alors que celui-ci dépend justement des positions des différentes banques. Le deuxième point explique largement pourquoi la régulation n’a pas été efficace pour prévenir la crise et dans quelle direction il faudrait l’étendre.
VI. Un effet procyclique pendant la crise ?
Il est vrai que la régulation bancaire peut avoir un rôle procyclique en poussant les banques à vendre une partie de leurs actifs pour restaurer leur ratio de fonds propres obligatoires, et ce alors que le marché est déjà en baisse. L’approche « interne » de Bâle II est peut-être pire que celle de Bâle I de ce point de vue en ce qu’elle rend les ratios plus réactifs aux valeurs du marché.
Deux remarques préliminaires s’imposent :
- en l’absence de régulation, les banques seraient également contraintes à de telles ventes pour pouvoir continuer à emprunter à des taux raisonnables. Mais peut-être effectivement vendraient-elles moins. A vrai dire il ne serait pas étonnant que beaucoup de banques soient en ce moment plus prudentes que ne l’autorise la régulation ;
- le régulateur peut toujours autoriser les banques à ne pas respecter temporairement et dans une certaine mesure les ratios prévus si la situation l’impose. Si le vrai problème est ici, il est donc plutôt facile à résoudre.
Mais le vrai problème n’est pas là. Pourquoi les ventes effectuées par les banques déprécient-elles les actifs ? Si en tant que spéculateur je pense qu’une obligation me rapportera sur le long terme 100 $ et qu’une banque en vend 100.000 à 95 $, j’achète tout, réalisant ainsi un profit de 500.000 $, et le prix reste à 100 $.
Dans la réalité, je ne sais pas au moment de la vente d’où elle vient. Mettons que je pense toujours que l’obligation en question vaut 100 $, et que j’observe une chute brutale à 95 $. Je sais qu’il est possible que cette chute soit simplement due à une vente forcée, due par exemple à la nécessité pour les banques de respecter leur ratio de fonds propres. Mais peut-être vient elle aussi de la vente de leurs obligations par quelques acteurs ayant des informations que je n’ai pas (santé de l’entreprise, réaction de la FED etc.). Tenant compte de cette possibilité et en attendant d’en savoir plus, je peux considérer qu’il n’est pas intéressant d’acheter l’obligation pour 95 $.
Mais ce problème n’est pas lié seulement à la régulation bancaire. On accuse exactement le même mécanisme d’avoir amplifié la crise de 1987 : beaucoup d’acteurs avaient souscrit des « assurances de portefeuille » forçant les assureurs à vendre des actifs en train de baisser, on a aussi beaucoup parlé des stratégies automatiques « stop-loss » (lorsqu’une position dépasse un certain niveau de pertes elle est liquidée automatiquement). Dans beaucoup d’institutions on demandera de toute façon aux responsables de postes encourant des pertes trop importantes de boucler leurs positions, ce qui amplifiera la baisse. Rien donc ne dit que les ventes forcées impliquées par la régulation bancaire jouent un rôle important à côté de ces autres sources.
Notons enfin que le problème ne se poserait pas si les acteurs du système financier savaient que l’origine de la vente est bien automatique et qu’elle ne vient pas d’acteurs disposant de nouvelles informations (dans ce cas là on achète bien l’obligation à 95 $ dans l’idée qu’elle rapporte toujours 100). De ce point de vue la « troisième pilier » des accords de Bâle II offre des pistes, probablement insuffisantes, pour améliorer la transparence sur la situation des banques. Ce faisant elle s’attaque à un des éléments importants de la crise, qui est que personne ne sait quelle est la santé réelle des banques, qui a quoi dans son portefeuille et qui possède encore des créances douteuses importantes.
Comme nous l’avions annoncé, nous n’avons pas de conclusion fracassante sur la crise, et ignorons complètement s’il convient de réguler plus ou moins, ou comment. Nous espérons avoir montré en tout cas que le problème demande du recul, que les échecs du marché sont complexes et que rien, si ce n’est une foi toute chicagolienne dans les bienfaits du marché et les méfaits de la régulation, ne permet de dire que cette dernière a joué un rôle important dans le déclenchement ou la propagation de la crise. Cela ne veut pas dire qu’il faille nécessairement réguler plus, mais aucun argument n’incite non plus à réguler moins, surtout pas le fait que les banques sont déjà très régulées(1).
Précisons enfin que nous ne sommes pas non plus des thuriféraires(2) de la régulation actuelle, qu’il s’agisse des accords de Bâle II ou des normes IFRS. Le mémoire de Jean-Edouard n’étant à vrai dire guère tendre avec les accords de Bâle II. Nous vous en parlerons peut-être davantage une autre fois.
(1) Ici, un intéressant parallèle pourra être fait avec le destin tragique de la maternité de Valognes, ancienne sous-préfecture de la Manche dont le service, copieusement alimenté par les naissances de tous les bleds environnants et parfaitement sous-doté, était bien souvent débordé. Bref, il ne fonctionnait pas. Il fut donc fermé sans autre forme de procès, et ne se trouva dès lors plus jamais débordé. Logique, non ? ah bon…
(2) [La responsabilité de cette note est portée par la seule Emmeline] Voir aussi cette tribune de Thesmar et Landier dans Les Echos. Sans cautionner les deux premiers paragraphes (et demi) et l’antienne « les vilains préjugés des vilains Français alors que les Américains ont foi dans la finance » - pensons à la popularité du plan Paulson outre-Atlantique –, je suis assez d’accord avec leurs conclusions : la faillite d’un certain mode de régulation – Bâle I, la politique monétaire de la Fed - ne doit pas conduire à rejeter en bloc toute régulation, endogène ou exogène.


Chuis pénible
Cimon — 03/10/2008 - 10:14Les probas de défaut annoncées, c'est des probas de défaut à un an, non ? Parce que c'est déjà chaud bouillant sur un horizon d'un an, alors si en plus on doit le faire jusqu'à la fin des temps... D'ailleurs, s'agit-il de proba de perte ou alors de proba de défaut ?
De plus, n'est-on pas passé de la VaR à la tail VaR pour tenir compte des queues de distribution épaisses ? Et naturellement, il faut bien préciser que la VaR n'a de sens qu'une fois les hypothèses de calcul explicitées (c'est un peu comme la neutralité actuarielle, quoi...) !
Que c'est technique tout ça...
Jean-Edouard — 05/10/2008 - 22:46C'est souvent à un an mais KMV par exemple prétend fonctionner sur un horizon bien plus long (peut-être dix ans de mémoire). Ce genre de modèle donne généralement me semble-t-il la probabilité qu'un créancier fasse défaut et l'espérance de perte (sachant qu'il y a défaut) de la banque en fonction de la priorité de sa créance.
Evidemment tous ces modèles de gestion du risque sont en pratique de la cuisine assez peu ragoûtante et tout ce qu'il y a de moins scientifique. Ce qui me semble le plus grave, c'est qu'on les croit valides parce qu'ils sont calibrés pour bien coller aux événements passés, ce qui suppose une stationnarité des processus de défaut qui n'est probablement pas valable en période de crise, qui est justement le type de période pour lequel ces modèles servent à quelque chose. Certains d'ailleurs remettent en cause toute cette industrie en montrant qu'il y a de toute façon trop peu de données disponibles pour qu'estimer ce qui se passerait dans les 1% des cas les moins favorables puisse avoir (statistiquement) un sens.
J'en profite pour répondre à votre dernier commentaire sur le billet précédent (vous commentez plus vite que nous ne produisons de nouveaux billets, c'est assez effrayant). Il est certain que tous ces modèles sont difficiles à "implémenter" et donnent des résultats assez sensibles à la calibration retenue. Par exemple il me semble que dans "CreditRisk+" le tout est très sensible à un paramètre "sigma" reflétant la corrélation des actifs avec le marché ou quelque chose d'approchant, paramètre qui ne peut pas être estimé sur données historiques et pour lequel on retient généralement les valeurs 1 ou 4, sauf qu'elles donnent des niveaux de risque très différents.
Effectivement peut-être qu'une grande banque obtiendra de pouvoir se servir du 4, et une petite seulement du 1. Mais je pense que ce problème de divergence entre petites et grandes banques ne se pose pas forcément parce que je suis encore plus pessimiste : "le régulateur" dispose généralement d'experts très compétents, mais sans doute pas en nombre suffisant pour vérifier dans le détail les modèles utilisés par toutes les banques tout le temps. Donc soit ils retiennent pour chaque "famille" de modèles des calibrations standard à utiliser, soit ils laissent passer un peu tout du moment que ça n'a pas l'air d'être complètement n'importe quoi et qu'on ne retient pas systématiquement l'hypothèse la plus optimiste. Ils peuvent aussi demander à la banque de faire auditer ses modèles par un cabinet spécialisé mais dans ce cas c'est dans ce dernier qu'il faut avoir confiance.
Pour en avoir un peu regardé certains, j'avoue que je vois mal comment on peut juger qu'un modèle est moins plausible qu'un autre, puisque généralement ils reposent tous sur des hypothèses plus ou moins invérifiables (comme les copules utilisées).
Je suis totalement ignorant sur les modèles utilisés dans l'assurance, je ne sais donc absolument pas si ça ressemble. A quand un billet sur cette délicate question ?
Pensez-vous que les acteurs
Encore un autre Anonyme — 03/10/2008 - 11:24Pensez-vous que les acteurs du système ignoraient les caractéristiques de Bâle II, et donc, pouvaient en tirer toutes les conclusions que vous en tirez aujourd'hui il y a déjà des années ?
Quelle aura été pendant cette période la réaction des autorités prudentielles face aux lacunes que vous nous révélez aujourd'hui, mais qui sont certainement connues depuis bien longtemps ?
Bonnes questions
Jean-Edouard — 05/10/2008 - 22:19A la question 1 la réponse est probablement "Ils s'en doutaient, mais étaient plus occupés à se mettre en conformité avec la régulation existante d'une part, et à faire du lobbying pour la changer de l'autre"
A la question 2 la réponse est probablement "Elles étaient parfaitement au courant, mais elles bien plus occupées à surveiller les banques, et à se mettre d'accord entre elles et avec elles pour négocier les accords de Bâle II, qui comme tout accord international est une somme de compromis pas forcément optimale"
Ajoutons à cela que les arguments présentés ont tous été soulevés par diverses parties intéressées à un moment ou à un autre, mais qu'il n'y avait pas forcément beaucoup d'autres choix techniquement ou politiquement possibles.
Bienvenue dans le monde enchanté du second-best... (et avec toutes nos excuses, surtout les miennes, pour le retard)
On peut aussi voir ça sous un
Anonyme — 06/10/2008 - 17:34On peut aussi voir ça sous un autre angle : Adam Smith observait, dans "la richesse des nations", qu'il existe énormément de restrictions à la concertation entre membres de grands groupes de personnes et beaucoup moins pour les petits : tout simplement parce qu'il est bien plus facile de se concerter secrètement quand on est peu que quand on est nombreux. D'où une conclusion intéressante : les très petits groupes peuvent instrumentaliser bien plus facilement les règles complexes que les très grands groupes. Dès lors, on peut en déduire que toute règlementation complexe sera instrumentalisée par le plus petit groupe capable d'organisation au bout d'un certain temps. Donc, que si les règles du jeu ne sont pas compréhensibles par le plus grand nombre, elles servent l'intérêt de la minorité qu'elles sont sensées contrôler.
Groupes ou groupes ?
Emmeline — 06/10/2008 - 19:04Je ne comprends pas très bien dans quel sens vous utilisez "groupe" : la référence à A. Smith se réfère, comme vous le dites, à des groupes de personnes/d'individualités distinctes (voir aussi pour ceux que ça intéresse le paradoxe d'Olson), mais j'ai ensuite l'impression que vous utilisez "groupe" au sens "le groupe BNP Paribas", ce qui n'a rien à voir (j'ai peut-être très mal compris).
Si on en reste au premier sens, et qu'on considère que les personnes formant chaque groupe sont ici des groupes bancaires, on observe bel et bien ce que vous prédisez, le lobby des grandes banques quand elles ont des intérêts communs étant nettement plus influent car mieux organisé (et mieux doté) que celui de leurs faibles consoeurs. Avec cette amusante conséquence que la "minorité" est ici majoritaire, au moins si on pondère par la taille...
Je ne connaissais pas le
Anonyme — 06/10/2008 - 19:20Je ne connaissais pas le paradoxe d'Olson (merci pour la référence), mais la remarque chez Smith portait particulièrement sur les ouvriers (nombreux) et les patrons (peu nombreux), mais pouvait se généraliser : donc, je parlais effectivement de groupes de personnes.
Dans la représentation que je propose, le petit groupe est celui des professionnels (de l'argent), le grand, celui des usagers (c'est à dire, tout le monde) : d'une part, une législation complexe tend inévitablement à ce que le l'intérêt du groupe d'effectif restreint s'impose au groupe de grand effectif, d'autre part, les professionnels savent cela.
Hhhhhhhhhhhhhhaaa....
Vous, vous avez lu Stigler !
Jean-Edouard — 07/10/2008 - 11:13Ou quelqu'un qui a lu Stigler. C'est très mal.
N'oublions pas quand même que c'est justement parce que le grand groupe ne peut pas réguler le petit que le grand demande à un régulateur de le faire. La question c'est bien sûr que peut faire le régulateur exactement, et quelles sont ses incitations à faire ce qu'on attend de lui (voir par exemple ici : http://rationalitelimitee.wordpress.com/2008/08/28/but-who-will-guard-th... )
Si je comprends bien votre propos, on pourrait dire que la régulation n'est pas efficace parce que si le régulateur fait ce qu'on attend de lui personne ne s'en rend compte et personne ne le récompense (le "grand groupe" dont il sert les intérêts est représenté par des ministres qui ne savent même pas que la régulation existe), même symboliquement, tandis que le petit groupe qui comprend très bien la régulation ne cesse de se battre et de faire pression pour mettre des bâtons dans les roues du régulateur (nul besoin de l'acheter). Dans ces conditions évidemment on comprend que le régulateur ne lutte pas longtemps.
En pratique je ne suis pas tellement convaincu que cela se passe de cette façon (honnêteté et sens du sacrifice des régulateurs ? esprit de corps ?), un phénomène proche qui me semble beaucoup plus important est que les acteurs régulés ont une expertise technique plus importante que celle du régulateur, ce qui rend la situation de ce dernier assez difficile.
Enlarge your opportunities
Agent A. : GNU Intelligence Service — 04/10/2008 - 13:02- Pourriez-vous rajouter à la fin de la première partie de votre article un lien vers la seconde partie ? Cela faciliterait la lecture de l'ensemble pour les lecteurs que ceux qui posent un lien vers votre article vous envoient et qui ne connaissent pas votre site.
- Vous allégeriez le coût de consultation de vos articles par les personnes ne disposant pas de PCs dernier cri raccordés à l'ADSL en réduisant la définition des images d'illustration que vous utilisez.
Ha, aussi : bravo, et merci pour vos articles.
Attention au titre de votre commentaire : j'ai failli vous faire l'injure de vous prendre pour un représentant en aphrodisiaque masculin ! J'ajoute le lien de ce pas, et dans les deux parties pour faire bonne mesure. Pour la définition des images, je veux bien essayer mais... euh... suis pô sûre de savoir faire. Merci en tout cas pour le conseil, et le compliment
Pour Microsoft Windows, le
Agent A. : GNU Intelligence Service — 05/10/2008 - 20:16Pour Microsoft Windows, le logiciel à mon avis le plus simple pour redonner sveltesse et légèreté à une image un peu lourde pour le Web me semble être Irfan View, qui reste simple et léger (Menu Image, choix Resize/Resample), donc, plus facile à prendre en main que les usines à gaz genre Gimp.
Tous mes remerciements pour savoir prendre en compte l'intérêt des publics moins richement dotés que nous !
Grâce à un sympathique lecteur qui peut-être n'est pas sans lien avec vous l'image a retrouvé la sveltesse qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'avoir. Nous serons vigilants sur les intérêts de nos amis les utilisateurs de bas-débit à l'avenir.
Poster un nouveau commentaire