Il suffisait d'y penser...
Emmeline et Jea... — 26/09/2007 - 12:50
Depuis plusieurs mois (même avant ce fameux soir où Iznogoud Borloo a trahi Haroun El-Juppé(1) ), on a pu voir fleurir sur des blogs d’économie, puis dans les journaux, des arguments pour (rarement) ou contre (bien plus souvent) la fameuse "TVA sociale".
Puisque apparemment le gouvernement est toujours convaincu qu’une hausse de la TVA ne saurait provoquer de hausse des prix à la consommation, du fait de l'élégance reconnue (et d’ailleurs bientôt dépénalisée, ce sera l’objet d’un prochain billet) des gentils petits (ou grands) patrons français, nous lui apportons notre appui en avançant un argument microéconomique hélas trop souvent passé sous silence, et qui devrait convaincre les nostalgiques de l’ère Chirac.
Comme nul en France ne l’ignore (enfin si, nous avons cru voir des interviews et déclarations de différents hommes et femmes politiques montrant qu'on pouvait se poser la question), la TVA connaît plusieurs taux : normal, réduit et super-réduit. Bénéficient des derniers les biens et services de première nécessité (produits alimentaires notamment) et/ou favorisés pour des raisons politiques, à commencer par les services culturels, les livres, et les avocats (uniquement quand il s’agit de l’aide juridictionnelle, d’accord, et c’est donc tout à fait justifié). Comme le projet ne devrait a priori se traduire que (« que » ?) par l’augmentation du taux normal, il y aura baisse du prix relatif des biens soumis aux taux réduits (sauf élégance des chefs d’entreprise, bien sûr). Soit une distorsion des mécanismes de marché, ou plutôt l’augmentation d’une distorsion déjà existante, qui se traduira par une hausse en volume de la consommation desdits biens.
Les préférences étant Cobb-Douglas, chaque Français représentatif (qui en consommait déjà x) consommera désormais x*(1+a), a>0, kilogrammes de produits agricoles. Mettant ainsi un peu de baume au cœur des agriculteurs qui ont dû renoncer à la sémillante Mme Lagarde pour un Barnier peut-être un peu fade, et, au vu des terribles hausses de prix des produits agricoles et alimentaires, seront probablement bientôt soumis à toutes sortes de sollicitations/exhortations/récriminations pour plus d’élégance (2). Bref, mangez des pommes.
Que ceux qui ne seraient toujours pas convaincus par la TVA sociale (3) se rassurent : RCE, dans sa grande objectivité, vous proposera dans les jours prochains un argument d’une tout aussi grande valeur pour démontrer son inopportunité.
(1) Il voulait être Ministre d’Etat à la place du Ministre d’Etat...
(2) La baisse des prix arrachée par Nicolas Sarkozy à la « grande distribution » lors de son bref passage à l’Economie en 2004 est en fait retombée en bonne part sur leurs fournisseurs ; dans le même ordre d’idées, voir le très bon post d'Ecopublix sur l'incidence fiscale
(3) Mais y en a-t-il encore après cet argumentaire décisif ?



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