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J'ai du mal m'exprimer. Mettons que la Grèce émette de la dette demain et que ce soit parfaitement su de tout le monde aujourd'hui. Ce que je dis c'est que si vous achetez pour 500 millions de dette grecque aujourd'hui sur le marché secondaire, vous aurez exactement le même effet que si vous achetez pour 500 millions de dette grecque lors de l'émission sur le marché primaire demain. Il n'y a qu'à considérer la situation après-demain : ce qui compte c'est que dans les deux cas vous supportez le risque de 500 millions de dette grecque, ce qui diminue la quantité de risque qui doit être porté par le reste du marché, et diminue donc la prime de risque demandée par les autres investisseurs. Il y aurait évidemment plein de petites subtilités (liquidité et maturité entre autres) à prendre en compte mais en gros ça ne change rien.
Le raisonnement ci-dessus ne s'applique pas cependant à l'effet qu'aurait l'Union Européenne en annonçant qu'elle fait un nouveau prêt important à la Grèce, puisque nous ne sommes pas forcément dans le cas où une nouvelle émission de dette aurait été faite en l'absence de l'intervention de l'UE.
Pour simplifier à gros traits, en achetant de la dette grecque sur le marché primaire ou secondaire vous permettez en principe à la Grèce de s'endetter pour moins cher. Mais dans certaines situations il est possible qu'en achetant sur le marché primaire vous lui permettiez de s'endetter tout court, en quel cas votre intervention sur le marché secondaire n'aurait pas eu le même effet.

Nous sommes d'accord
Jean-Edouard — 05/01/2011 - 18:16