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Compliments une nouvelle fois pour cet excellent papier, qui explique brillamment, en utilisant un exemple pittoresque, certains aspects de la théorie de la finance.
Cela dit, ce papier me donne l’occasion de reprendre une discussion méthodologique qui avait tourné trop court à mon goût, en espérant que la discussion restera cette fois sereine et ira jusqu’au bout.
Comme toutes les théories (ou tous les théorèmes), le « théorème de l’unanimité des actionnaires », pose des hypothèses et en déduit des conclusions. Mon interrogation ne porte pas sur la validité du raisonnement qui fait passer de l’un à l’autre. Je vous accorde que si les hypothèses sont vraies, les conclusions sont vraies.
Mais je me tourne maintenant vers la réalité que ce théorème a pour but (je pense) de contribuer à expliquer. Et je constate que si on fait l’inventaire de toutes les hypothèses implicites ou explicites sur lesquelles il repose, ni ces hypothèses ni les conclusions ne sont vérifiées dans la réalité observable (je pourrais développer, mais j’imagine que ce n’est pas utile). Et quand vous écrivez : « Ce théorème peu connu est en fait fondamental. Sans lui on ne peut pas vraiment parler de la valeur d’une entreprise, et il n’y aurait pas de raison de penser qu’un producteur cherche à maximiser son espérance de profit », je me dis que ce n’est pas bien grave, puisque dans la réalité différents évaluateurs ont des idées différentes de la valeur d’une entreprise (comme de n’importe quoi d’autre d’ailleurs), ce qui interdit de toute façonde parler de « la » valeur d’une entreprise. Et quant aux producteurs réels, ils ont bien d’autres objectifs que de maximiser leur espérance de profit.
Autrement dit, ce théorème bute sur bien plus que les incitations. C'est un nouvel exemple de théorie « en l’air » qui part d’hypothèses non vérifiées dans la réalité pour en déduire de façon rigoureuse des « résultats » qui ne le sont pas non plus. Je sais bien que ce n’est qu’un modèle, que le modèle, n’est pas la réalité, que la carte n’est pas le territoire et toussa. Je vous accorde aussi que si un jour on rencontre des situations où les hypothèses sont à peu près vérifiées, on pourra dire que dans ces situations les conclusions sont à peu près vraies, et qu’à l’inverse si on rencontre des situations où les conclusions sont à peu près vraies, on pourra postuler que dans ces situations les hypothèses sont à peu près vérifiées.
Mais en attendant cet évènement improbable, quelle peut être l’utilité de ce théorème alors qu’il est aussi éloigné de la réalité, tant par ses conclusions que par ses hypothèses ? C’est un peu du genre « si ma tante en avait, elle serait mon oncle ». C’est formellement exact, mais so what ?
Autre question : comment cette construction imaginaire est-elle présentée aux étudiants ? Comme telle, ou comme applicable à la réalité, ce qui serait carrément de la tromperie ?
PS : s’il y a dans ce qui précède la moindre chose qui vous offense, veuillez m’en excuser par avance et essayer de ne pas en tenir compte.

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elvin — 10/06/2011 - 19:11