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"le théorème illustre l'idée que si les actionnaires ne sont pas d'accord entre eux [...] il y a des échanges mutuellement avantageux à faire, si bien que lorsque les échanges sont libres on devrait aboutir à une situation ou tout le monde est d'accord [...] C'est une sorte de théorème de Coase en information incomplète."
OK, c'est ce que j'avais compris. On est également d'accord sur le fait qu'il y a plusieurs façons de ne pas être unanimes :
- soit (1) il y a des risques identifiés mais que personne ne sait évaluer (on peut appeler ça incertitude),
- soit (2) des risques sur lesquels les gens ont des évaluations / informations différentes (on peut appeler ça information incomplète / asymétrique),
- et bien sûr (3) des risques dont tout le monde connaît la probabilité, mais face auxquels les gens souhaitent agir différemment compte-tenu de leur aversion subjective au risque.
La question que je me pose est : pourquoi le théorème s'appliquerait-il aux actionnaires et pas aux marins ? Si j'ai bien compris, c'est ce que l'article explique.
Réponse : parce que les marins ont des incitations financières qui les poussent à se comporter face au risque d'une manière que les actionnaires ne jugent pas satisfaisante.
Dans le cas (1), le théorème ne tient pas de toutes façons.
Dans le cas (2), l'une des partie sait quelque chose que l'autre ne sait pas. Je ne suis pas sûr de ce que ça fait au "shareholder unanimity theorem".
Dans le cas (3), si les contrats de travail des marins ne "marchent" pas, marins et propriétaires du bateau vont continuer de modifier leur contrat jusqu'à ce qu'ils trouvent un arrangement satisfaisant pour les deux parties. Si les risques sont parfaitement connus, je ne vois pas ce qui pourrait entraver complètement ce processus. Le théorème devrait donc tenir, non ? Je vois donc une contradiction dans le fait de supposer que les conditions du théorème sont réunies, et que simultanément les marins ont des contrats inefficaces.
C'est le point (2) qu'il faudrait peut-être creuser. Comment acquiert-on des connaissances sur la chasse à la baleine, et les risques de cette activité, et comment ces connaissances sont-elles diffusées lors des échanges ?
Pour (3) et la distinction risque-incertitude, je ne veux pas insister car le sujet de l'article est la théorie de la décision face au risque plus que la théorie de la firme. Mais on accepte qu'un individu est parfois capable d'anticiper correctement les effets d'une action nouvelle et d'innover avec succès. De la même manière, une organisation est parfois capable de générer un profit pur. Ca n'est pas grand-chose, dites-vous, mais c'est déjà beaucoup quand je regarde autour de nous. Enlevez cette faculté aux êtres humains et à leurs organisations, et que reste-t-il de l'économie ?

Il faudrait développer l'idée de l'asymétrie d'information
Gu Si Fang — 11/06/2011 - 09:32