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-Thesaurisation:
Tout dépend de l'auteur, en fait !
Chez le créateur, Barks, aucune notion d'économie n'existe vraiment, ce coffre rempli d'argent n'est là que pour fasciner l'enfant lecteur et servir de sujet à tout un tas de gags. On est dans le registre le plus fantaisiste et le plus imaginaire qui soit puisque Picsou y calcule généralement sa fortune en "umpticamillions".
Chez d'autres auteurs, italiens par exemple, le coffre sert souvent de réserve à liquidités, de l'argent entre et sort.
Le démiurge moderne, Don Rosa, cherche une approche "réaliste": le coffre ne renferme qu'un tas d'"argent liquide" souvenir, des trésors trouvés dans le monde ou de l'argent gagné de la main même de Picsou. Concernant sa valeur, je vous renvoie à cette fantastique histoire de Don Rosa, "the money pit":
http://disneycomics.free.fr/Ducks/Rosa/show.php?s=date&loc=KD0190
Et par ailleurs Picsou possède une "autre" fortune, en capitaux et autres investissements, qui tourne "pour de vrai" dans ses entreprises.
-Attitude de Picsou:
Là encore chez Barks, c'est essentiellement un prétexte à gags, où Picsou apparait pas si pingre, les gags étant basés sur sa façon de rogner sur des dépenses.
Et chez Don Rosa, c'est surtout un choix de vie, et une vie reliée à l'aventure et au romantisme...
Globalement ce n'est pas un comportement d'acteur économique rationnel qui pousse Picsou à se jeter sur le moindre centime, mais une passion déraisonnable qui confine à l'obsession.
-Riche et enrichissement
Le rôle de la chance me semble central et fondamental dans l'éthique de Carl Barks. Pas seulement sur le thème de l'argent. Une majorité de ses bandes dessinées joue leur dramatisation sur l'événement qui se produit exactement au moment où il doit être le moins susceptible de se produire, ruinant les efforts du personnage, selon un phénomène de justice (ou d'injustice) immanente à l'univers.
Pour ma part je suis favorable à la redistribution, mais ayant toujours considéré les BD picsou comme "américaines" dans l'esprit, je préférerais y voir une redistribution... de chance. Ce n'est pas sa chance qui rend le personnage de Gontran aussi haïssable: c'est son insupportable arrogance qui le pousse, sauf rarissime exception, à en garder égoïstement le produit pour lui. Et c'est aussi pour ça (étant le canard le plus impopulaire au monde) que certains auteurs offrent à leurs lecteurs la Schadenfreude de le voir se prendre une gamelle de temps en temps.

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Julien — 11/08/2011 - 15:20