Le risk-shifting dans la vie de tous les jours
Jean-Edouard — 23/02/2010 - 20:02
Ayant eu il y a peu à corriger un projet d’examen de fin d’année, exercice que je ne souhaite à personne, j’ai essayé de me mettre à la place des élèves devant les différentes questions et d’anticiper leur réaction selon leur niveau. L’un des éléments qui me préoccupait est que les élèves se voient offrir 4 questions « longues » et quatre questions « courtes », mais n’en doivent choisir que deux de chaque à traiter. Système que je n’approuve pas forcément puisqu’il permet de faire l’impasse sur la moitié d’un cours (en fait je pense que c’est justement l’objectif), mais on ne m’a pas demandé mon avis. Si l’on décide néanmoins d’appliquer ce système « honnêtement », il faut essayer de faire en sorte que les différentes questions soient du même niveau de difficulté, et que certaines n’apparaissent pas a priori plus faciles ou plus difficiles qu’elles ne sont.
Une question en particulier se distinguait des autres en ce que, au lieu de proposer un modèle assez simple à résoudre avec des questions précises (calculer telle ou telle quantité, comment dépendent-elles de tel ou tel paramètre, expliquez intuitivement ce résultat, qu’en déduisez-vous etc.), c’était la seule à poser des questions a priori plus ouvertes, mais sous une forme exclusivement littéraire. Ce type de question est par nature plus ambigu : quelles sont les réponses attendues, quelle doit être la longueur de la réponse, quel modèle a en tête le professeur qui pose la question etc. Preuve de cette ambiguïté, le professeur et moi avions des réponses radicalement différentes à la même question, simplement parce que nous l’interprétions dans le cadre de deux modèles différents. Si je peux m’attendre à ce que le correcteur admette diverses interprétations et réponses du moment qu’elles sont justifiées et raisonnables, ce n’est pas forcément le cas des élèves qui peuvent craindre qu’il n’y ait qu’une seule bonne réponse.
Ma crainte était alors la suivante : un bon élève va trouver que cette question « ouverte » est un peu trop risquée et va préférer une question sur un sujet qu’il connaît moins bien mais où l’énoncé est moins ambigu (calculez ceci, dérivez cela etc.). Voyons maintenant le point de vue d’un mauvais élève : n’ayant pas trop travaillé, il sait que s’il prend les questions « précises » il aura certainement moins de 40/100, note (scandaleusement basse) nécessaire pour valider l’examen, par exemple en moyenne 30/100. En revanche s’il choisit cette question « risquée » et répond du mieux qu’il peut, peut-être que la question est effectivement difficile (on attend une réponse longue et très bien justifiée), ce qui lui laisserait par exemple 20/100, mais peut-être qu’elle est en fait simple (on attend juste une bonne intuition économique et quelques exemples), ce qui pourrait l’amener à 40/100.
On peut alors parler de « risk-shifting » : l’élève en question préfèrera une question qui lui donne une chance même minuscule d’avoir 40/100 et de valider et une chance très élevée d’avoir une note très faible à une question qui lui donne en moyenne une note plus élevée mais certainement pas suffisante pour valider l’examen. Le problème vient du fait que l’objectif de l’élève n’est pas continu par rapport à la note obtenue, avoir 10/100 plutôt que 39/100 ayant peu d’importance, tandis qu’avoir 40/100 plutôt que 39/100 est capital.
Une telle caractéristique peut être embêtante dans un examen : si seuls les étudiants les moins bons sélectionnent une question l’examinateur aura l’impression qu’elle était en fait plus difficile qu’elle n’est et la notera peut-être trop gentiment par rapport aux autres questions. Si effectivement la question était « facile » alors les élèves les moins bons auront ex post une note peut-être plus élevée que celle qui reflèterait leur niveau, si elle était difficile une note plus basse. Et inversement pour les bons élèves.
Le « risk-shifting » est un problème assez fréquent en économie, et assez à la mode en ce moment. L’article canonique sur le sujet est celui de Jensen et Meckling (1976) “Theory of the firm : managerial behavior, agency cost and ownership structure”, fondateur à plus d’un titre, mais dont on se rend compte à la lecture qu’il ne parle qu’assez incidemment de ce problème. Tout vient de la responsabilité limitée des entreprises endettées. Supposons que vous disposiez d’un capital K, et d’une somme empruntée D au taux i, et que vous ayez deux projets dans lesquels investir la somme :
- Développer un logiciel pas renversant mais utile, par exemple qui préviendrait automatiquement l’expéditeur d’un e-mail que son message contient le mot « fichier joint » mais qu’il a vraisemblablement oublié de l’attacher au message (cela me serait très utile). Le rendement de ce projet est de r à coup sûr, avec r > i
- Créer un nouveau système d’exploitation révolutionnaire, en doter toutes les machines et conquérir le monde. Projet plus risqué bien sûr, dont le rendement est de R s’il réussit, avec probabilité p, et nettement moins s’il échoue, par exemple 0.01*R avec probabilité 1-p.
Supposons d’abord que le premier projet est plus efficace économiquement, c’est-à-dire qu’il rapporte en moyenne davantage : r > p R +(1-p)*0.01*R ; ajoutons que, lorsqu’il réussit, le deuxième projet rapporte plus que le premier : R > r.
Du point de vue de l’entrepreneur et de ses prêteurs pris ensemble, il vaudrait mieux investir dans le premier projet. Mais l’entrepreneur fait le calcul suivant :
- Le projet 1 me rapporte à coup sûr r(K+D)-i D, le retour de l’investissement moins ce que je dois rembourser.
- Si le projet 2 réussit il me rapporte R(K+D)-i D, ce qui arrive avec une probabilité 1-p. Que se passe-t-il s’il échoue ? Ayant tout investi dans le projet, je n’aurai que 0.01*(K+D)*R. Si cette quantité est supérieure à i D alors je dois d’abord rembourser ma dette, et je garderai le reste, sinon je donnerai tout à mes créanciers et il ne me restera rien, mais on ne pourra pas me prendre plus (du fait de la responsabilité limitée).
Donc, dans le premier cas, soit si 0.01*(K+D)*R > iD, le projet rapporte en moyenne pour l’entrepreneur (p R +(1-p)*0.01*R) (K+D)-iD, ce qui par hypothèse est inférieur à ce que rapporte le projet 1 (qui est plus efficace). Dans le deuxième cas le projet 2 rapporte en moyenne p R.
Donc dans le deuxième cas le projet 2 rapporte p R tandis que le projet 1 rapporte r, si p R > r l’entrepreneur va donc choisir le projet 2, pourtant inefficace ! Pour être dans le deuxième cas il faut que i et D soient élevés, et que K soit faible, ce qui veut dire en gros que si le projet échoue alors les créanciers assument une grande part des pertes. Si c’est le cas même un entrepreneur neutre au risque préfèrera un projet qui rapporte moins en moyenne mais qui peut rapporter très gros, en d’autres termes l’endettement lui fait « aimer » le risque.
Ce mécanisme est notamment ce qui justifie la régulation bancaire (le premier problème d’aléa moral dans le secteur bancaire est celui entre déposants/créanciers et banque, pas le problème de « too big to fail » ex post, contrairement à ce que semblent croire ceux qui s’imaginent que l’intervention étatique crée toujours les problèmes qu’elle entend ensuite résoudre) : de par leur rôle d’intermédiation les banques reprêtent de l’argent qui leur est confié, et peuvent avoir intérêt à chercher des investissements trop risqués. Pour éviter cela la régulation cherche à leur rendre plus coûteux des investissements plus risqués en leur demandant de garder davantage de réserves. Inversement, des investissements sans risque ne posant pas ce problème, il n’est donc pas choquant qu’on ne leur associe pas de réserves (contrairement à ce qu’ont pu dire certains excités ailleurs).
Le mécanisme est très proche de celui qui pousse un élève moins bon à choisir des questions plus risquées, il y a bien d’autres exemples. Si l’on est sûr de rater un examen ou un concours, il faut écrire en vert fluo et tenir des propos extrêmes, au pire ça ne change rien, avec un peu de chance on passe pour un génie un peu fou. Si on est sûr de n’avoir aucune chance à un entretien d’embauche, tenter un strip-tease n’est pas forcément irrationnel. Si une équipe de football est menée 1-0 à 30 secondes de la fin, mettre tout le monde y compris le gardien en attaque peut être une bonne idée. Si vous avez perdu 500 millions confiés par la banque qui vous embauche et que vous allez de toute façon être licencié, faire des paris encore plus risqués pour tenter de tout rembourser est la seule solution. J’oublie certainement des exemples beaucoup plus parlants.
Last minute : Emmeline qui est cultivée, cinéphile et germanophone cite à juste titre l'exemple du film "Lola rennt" ; si le fiancé de Lola risque de se faire descendre si elle ne trouve pas 100 000 mark en 20 minutes de toute façon, elle a tout intérêt "rationnellement" à braquer une banque ou à aller au casino. Et d'ailleurs, c'est ce qu'elle fait.
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Pièce jointe
Mathieu P. — 24/02/2010 - 01:08J'imagine que tu sais déjà que le logiciel correspondant à ta description « Développer un logiciel pas renversant mais utile, par exemple qui préviendrait automatiquement l’expéditeur d’un e-mail que son message contient le mot « fichier joint » mais qu’il a vraisemblablement oublié de l’attacher au message (cela me serait très utile). » existe sous la forme d'un Google Lab pour les utilisateurs d'un compte gmail.
Sinon, excellent post, comme d'habitude.
Exemple de pari
Verel — 24/02/2010 - 10:37Votre exemple du vert fluo n'est pas si sot qu'il en a l'air en première lecture
Il y a 20 ou 30 ans, le Monde a publié la copie du premier au concours général qui pour illustrer une citation de rené Char sur le fait d'oser, avait fait une grosse tâche d'encre sur sa copie
Dans un contexte de concours général ou seules les 2 ou 3 premières places comptent, il n'avait en effet rien à perdre
A noter pour être juste que l'ensemble de la copie était de très haut niveau : il ne suffit pas d'écrire à l'encre verte ou de faire un strip tease pour gagner
Sinon, on peut se demander si l'ensemble de l'économie a intérêt que ceux qui ont une chance p raisonnable (disons au moins 5%) d'inventer un truc génial le fasse ?
ca fait du bien de reparler d'economie
Jean-Edouard — 24/02/2010 - 12:12@Mathieu : ah non je ne connaissais pas, c'est génial. Sinon ta seule présence me fait penser que ce genre de phénomènes doit être assez présent dans les industries culturelles, l'exemple qui me vient en tête c'est Final Fantasy, édité par une boîte au bord de la faillite.
@Verel : bonne illustration. Dans l'exemple donné dans le billet le projet risqué est inefficace du point de vue social, dans la réalité il est possible que des projets plus risqués puissent aussi avoir des externalités positives importantes (développement de nouvelles technologies par exemple), si bien que l'effet "prise de risque excessive" peut en fait venir compenser une prise de risque trop faible pour une autre raison.
Ca me rappelle ma classe de 3ème
GregTtr — 24/02/2010 - 14:08/* je raconte ma vie ON
En 3ème, j'ai passé le concours Kangourou, jeu-concours à l'échelle nationale à base de QCM mathématique.
Disons qu'on gagne si on est dans les 10 premiers (il y a plus de lots que ça mais les autres lots sont négligeables).
Le QCM propose 5 choix par question. Si on a juste, on gagne 3 points, si on a faux, on perd 1 point
Pour maximiser son score, il est donc rationnel de ne pas répondre quand on ne sait pas.
Des dizaines de milliers de personnes participaient. Les questions étaient nombreuses, très nombreuses, et, pour les dernières, assez difficiles pour que même un petit génie ait du mal à trouver le temps de tout finir correctement.
Mon professeur de mathématiques, qui placait de grands espoirs en moi, m'avait coaché pour me dire de ne surtout pas répondre quand je ne savais pas (passons sur le cas ou on hésite entre 2 réponses possibles et supposons qu'on est neutre entre les 5 possibilités), et que ça ne ferait que baisser mon score.
Si j'avais des chances de gagner, c'est que je n'étais pas trop bête, et donc j'ai pu lui expliquer que certainement pas, que j'allais répondre à toutes les questions même si je n'avais absolument aucune idée de la réponse, et qu'en fait, ma stratégie était très clairement de faire de mon mieux, et, dans les 2 dernières minutes, si je n'avais pas fini, de cocher des cases au hasard total sur les dernières questions sans meme les lire (c'est mieux de gagner 2mn pour réfléchir sur une question que de les passer à lire ce qui reste de questions difficiles sans avoir le temps d'y réfléchir une seconde)
Mon prof de maths ne devait pas être assez matheux ni assez économiste, car il n'a pas pu comprendre que c'était la bonne stratégie, et il a continué jusqu'au concours à me tanner, puis jusqu'aux résultats à me reprocher de n'avoir pas suivi ses conseils.
Bilan, j'ai fini exactement 10ème!
C'est évidemment exactement le principe énoncé par Jean-Edouard, adapté à une optique concours. Tous ceux qui n'estimaient pas être dans les 10 meilleurs de France avaient intérêt à "tenter le coup".
Et du coup, même les dix meilleurs de France avaient probablement intérêt à tenter leur chance aussi sur les réponses auxquelles ils ne savaient pas répondre, sous peine de se retrouver tous classés au-delà des 10 premiers qui auraient eu, coup de chance, 97% de réponses justes (soit 97-3*3=91% du score max), alors qu'eux auraient 100% de réponses justes parmi les 90% de réponses données.
(note: bien sur, la plupart des gens "les moins forts" n'ont certainement pas fait le raisonnement et ont répondu en maximisant leur score, ce qui diminue l'intérêt pour les plus forts de recourir au hasard, mais je m'estimais assez loin des 10 meilleurs de France pour que tenter ma chance soit une stratégie dominante pour moi quelle que soit le choix de tous les autres acteurs (même si je ne savais pas l'exprimer comme ça à l'époque, bien sur))
Mon prof de maths a finalement compris quand il a reçu le lot qu'il devait me remettre, et que nous avons pu en reparler une fois de plus. Je n'ai jamais pu savoir comment mon score s'était découpé entre mes réponses volontaires et mes réponses aléatoires, mais il est certain que j'ai eu un coup de bol.
Et moi, si j'avais su ce qu'étaient l'économie et la théorie des jeux à cette époque, j'aurais peut-être compris 5 ans plus tôt que c'était ma voie
Je raconte ma vie OFF */
Ca me rappelle ma classe de terminale
Gizmo — 24/02/2010 - 15:22[mode "je raconte ma vie passionnante" on]
Mon prof de maths donnait des sujets sur 27 points ou 33 ou 42... Les sujets se composaient d'exercices hétérogènes en termes de difficulté et les élèves n'avaient pas le temps de tous les traiter (sauf un ou deux mutants). Les élèves étaient notés uniquement sur les exercices "tentés", ie. ceux pour lesquels ils tentaient de répondre (par tentative, entendre écrire le moindre commencement d'une réponse). Par exemple, on pouvait tenter 3 exercices (sur 11 proposés), et obtenir une note de 13/17, convertie ensuite en note sur 20, selon un algorithme (un peu opaque, mais bon, cela devait demander beaucoup de temps au prof) tenant compte du nombre d'élèves ayant tenté l'exercice en question et du taux de réussite moyen. Je crois me souvenir que les bons élèves "tentaient" peu, obtenaient des notes décentes, tandis que les mauvais "tentaient" beaucoup, éparpillaient leurs (maigres) réponses sur un éventail large, se retrouvaient avec par exemple 9 sur 27 et contribuaient par externalité (cf l'algorithme opaque) à accroître la note sur 20 des meilleurs...
Le message principal du prof était de nous sensibiliser au travail approfondi : prendre le temps de réfléchir sur peu de choses, et éventuellement compliquées, plutôt que de butiner "at large". Evidemment, cela ne préparait pas tellement au bac, mais notre prof avait des ambitions plus grandes pour nous que le bac ;) [Mode "je raconte ma vie passionnante" off ; soupir nostalgique]
sympa! et vous nous faites le
anonymecon — 24/02/2010 - 17:07sympa!
et vous nous faites le debt overhang maintenant?
les question qu'on est en droit de se poser quand on apprend ces theories (tardivement comme moi) c'est
- dans quelle mesure ces problemes sont importants en pratique? les preteurs les limitent avec des covenants? choisir des strategies plus risquees, c'est un peu difficile a mesurer empiriquement, et c'est qqc qu'on modelise rarement... (vous avez des ex concrets pr 1 firme, par ex air france?)
- pourquoi les contrats de dette sont-ils si courants alors qu'ils sont inefficaces?!
Le debt overhang c'est un truc de macroeconomiste, bek
Jean-Edouard — 24/02/2010 - 18:44Les exemples qui me viennent a l esprit sont plutot dans le domaine financier ou ils sont assez nombreux. Pour des societes non financieres, a part l exemple que j ai donne du developpement du premier Final Fantasy il n y a rien qui me vienne comme ca mais je serais etonne qu on ne puisse pas en trouver (comme vous le dites vous-meme c est difficile a mesurer de l'exterieur, ca ne veut pas dire que ca n'existe pas). Ensuite effectivement on peut mettre en place des contrats pour attenuer le probleme (ca passionne d ailleurs les economistes) mais c est difficile de le resoudre entierement, par definition si la responsabilite est limitee ca veut toujours dire que si ca va tres tres mal les actionnaires ne subiront pas l integralite des consequences, donc si suffisamment de projets sont disponibles il me parait difficile de s assurer que seul le plus efficace sera selectionne. Il y a certainement des papiers la dessus.
Encore un magnifique exemple...
Emmeline — 24/02/2010 - 21:17... celui de la star du ski alpin Lindsey C. Vonn, qui s'est élancée après (presque) toutes les autres favorites, a constaté que la compétition était rude, a pris des risques (parce que quand on est Vonn, une 4e place ou une 60e, c'est à peu près équivalent), et s'est, la pauvre, assez lourdement rétamée.
Plus sérieusement, si le sujet vous intéresse vous avez Nini/Smith/Sufi 2008 (c'est empirique, mais moi ça ne suffit pas à me dégoûter) sur les restrictions aux investissements imposés par les covenants de dette.
En revanche, je ne vois pas trop ce que vous voulez dire par "contrats de dette" : si ce sont les covenants, il n'est pas prouvé qu'ils soient systématiquement inefficaces (du tout, même).
par contrat de dette je veux
anonymecon — 25/02/2010 - 07:53par contrat de dette je veux dire la structure standard de priorite ou la dette est payee entierement avant equity.
c'est ce qui cree l'inefficacite me semble-t-il.
les covenants la limitent mais comme ils rajoutent des restrictions ils sont forcement un peu inefficaces aussi. (au sens first best pas second best bien sur ou ils se justifient.)
bref on pourrait imaginer une structure de contrat differente (ou la dette recoive de l'upside en gros....)
merci pr la citation, a priori ils regardent l'impact sur le niveau d'investissement pas sur le type d'investissement..
Vous aurez du mal à observer
Emmeline — 26/02/2010 - 18:59Vous aurez du mal à observer un impact sur le type d'investissement, puisqu'il est impossible sauf pour les concernés au premier chef de savoir ex-ante si un investissement est de type NPV négative mais avec un gros potentiel à la hausse, ou de type, disons, plus pépère... Une forte exception est l'industrie financière (les bêtas de nombreux actifs sont publiquement connus, même si ce n'est qu'une approximation bien lointaine du risque et que les actionnaires pourront toujours arguer qu'ils croyaient sincèrement que les acquérir avait une NPV positive) et/ou les investissements de type rachat ou fusions, mais pour la première ce sont des données tout sauf publiques, et pour la seconde les cas sont assez peu nombreux, et souvent parasités par des considérations autres.
Les contrats de dette sont "inefficaces" au sens où ils encouragent le risk-shifting, mais ils ont plein d'autres avantages - et si ma tante la dette recevait de l'upside, on l'appellerait mon oncle le warrant. Mais cet effet (et d'autres) expliquent effectivement l'émergence d'autres formes de financement moins standard (obligations convertibles, qui sont des titres de dette avec upside ; actions à dividende préférentiel ; titrisation...).
Ca marche avec les meufs
VilCoyote — 24/02/2010 - 21:23Surtout pour les moches. Entre la stratégie de drague "j'offre des fleurs, des restos, gnagnagna, pourvu que ça marche sinon je me serai fait chier pour rien" et "allez Jean-Claude, oublie que t'as aucune chance, tu lui roules une pelle, et ça passe ou ça casse" - * PAF * aïeu.
Bien fait. Goujat.
michael badorevil
Visiteur discret mais bienvenu — 24/02/2010 - 23:35Dingue
Emmeline est mauvaise élève?
Et Lola aussi?
Jean-Claude aussi?
You Know I'm Bad, I'm Bad-
You Know It
(Bad Bad-Really, Really Bad)
You Know I'm Bad-You
Know-Hoo!
(Bad Bad-Really, Really Bad)
You Know I'm Bad-I'm Bad-
You Know It, You Know
(Bad Bad-Really, Really Bad)
And The Whole World Has To
Answer Right Now
(And The Whole World Has To
Answer Right Now)
Just To Tell You Once Again . . .
(Just To Tell You Once
Again . . .)
Who's Bad?
The Naked Man
citoyen — 26/02/2010 - 00:21En rapport avec ce que disait Vil Coyote, pour ceux qui aiment "How I met your mother" il y a un épisode qui parle justement de ça http://en.wikipedia.org/wiki/The_Naked_Man_%28How_I_Met_Your_Mother%29
Ps: Jean Edouard, je voudrais vous envoyer un truc/essai que j'ai écrit il y a quelques temps mais je n'arrive pas a trouver une adresse mail sur votre page.
J'y pensais aussi
Jean-Edouard — 26/02/2010 - 15:10Mais je n'ai pas osé donner cet exemple.
Pour le mail voir la page à-propos : mafeco point blog at googlemail.com
Dans vos exemples, je ne suis
henriparisien — 28/02/2010 - 22:19Dans vos exemples, je ne suis pas sûr qu’il soit vraiment nécessaire d’inciter le banquier à préférer le projet 1 par rapport au projet 2. Dans le 1°, il est pas construction assuré de retrouver son capital. Dans le 2°, il a seulement une probabilité (1 – p). Pour l’entrepreneur, c’est aussi le projet 1 qui est le plus rentable. Il lui suffit d’emprunter la totalité du capital auprès du banquier et il sort une rentabilité infinie.
Dans la vraie vie, il est bien plus facile pour un radiologue, un pharmacien ou un notaire de se financer qu’un jeune cinéaste :)
S’il y a dilemme, c’est bien plus pour le capital-risqueur, qui entend partager les gains de l’entrepreneur en cas de réussite et qui ne bénéfice pas forcement de la bonne évaluation de la probabilité du succès du projet ou de son taux de rentabilité. C’est pour ça qu’on a inventé les SOFICA.
Vous êtes completement
E — 01/03/2010 - 10:02Vous êtes completement timbrés. On devrait vous enfermer.
Je le prends comme un compliment.
En régate y a un truc
Visiteur discret mais bienvenu — 02/03/2010 - 23:53En régate y a un truc similaire: "le bord du fou" virer à bâbord quand tout le monde vire à tribord.
Des fois ça marche