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Blogs, bars et marchés bifaces (dans le désordre)

Jean-Edouard — 02/10/2012 - 10:32


De temps en temps je crois bon de censurer ou ne pas publier certains commentaires, non parce que je ne suis pas d'accord avec les arguments qui y sont développés, mais parce que j'estime qu'ils ne développent pas d'argument et/ou que de manière générale ils ne participent pas à une discussion polie et propre à enrichir les autres lecteurs plutôt qu'à les mettre dans la confusion.

Je tiens néanmoins à m'en expliquer un peu plus en détails. Je ne cherche pas à me justifier : le contenu de ce blog est gratuitement mis à disposition, il n'y a pas de publicité, et il m'en coûte un certain nombre d'euros par an et sans doute bientôt plus de l'héberger. Je considère donc les lecteurs du blog ni comme des clients, ni comme des usagers, mais comme des invités, envers qui mes seules obligations sont celle d'un hôte courtois tant qu'ils se comportent en invités polis. Inversement je n'ai aucun scrupule à effacer des commentaires insultant ma personne ou une tierce partie, comme je prierais de sortir de chez moi un invité qui aurait trop bu et gâcherait la soirée.

1. Une théorie économique des bars, des boîtes de nuit et des sites de rencontres (et d'autres sujets moins importants)

Si je tiens à m'expliquer, c'est plutôt pour discuter du fonctionnement des blogs, et aussi donner un exemple d'un pan intéressant de la littérature théorique, qui concerne les marchés dits "bifaces" (ou two-sided en anglais). Les travaux dans cette branche étudient des "plateformes" sur lesquelles se rencontrent des agents de plusieurs types, exerçant des externalités les uns sur les autres (inter- et intra-types). La plateforme peut demander un paiement aux agents à chaque "rencontre", ou même pour rejoindre la plateforme. Un marché est dit biface si le nombre de "rencontres" ou de "transactions" entre agents est affecté lorsque la plateforme change le répartition des paiements entre types d'agents, sans changer le paiement total.

Mon exemple favori est celui des bars que fréquentent deux types de clientèles, des hommes et des femmes. Supposons en outre qu'il s'agisse d'un bar du genre où les hommes préfèrent qu'il y ait beaucoup de femmes, et les femmes beaucoup d'hommes (enfin peut-être pas trop non plus). Un modèle plus complet prendrait également en compte des hommes qui préfèrent qu'il y ait beaucoup d'hommes qui préfèrent qu'il y ait beaucoup d'hommes et des femmes qui préfèrent qu'il y ait beaucoup de femmes qui préfèrent qu'il y ait beaucoup de femmes, mais la théorie des marchés quadrifaces est encore balbutiante. Tenons-nous en donc au cadre de base à deux groupes. Il y a des externalités positives d'un groupe sur l'autre, et inversement des externalités négatives au sein d'un même groupe (chaque homme supplémentaire est un rival potentiel pour ceux qui sont déjà là).

Notons d'abord qu'il est possible qu'un tel bar échoue complètement. Il se peut qu'aucune femme ne montre le bout de son nez, en quel cas aucun homme n'y mettra les pieds, ce qui incitera les femmes à ne pas venir non plus dans un bar vide. Mais il est possible qu'exactement dans les mêmes conditions le bar affiche complet : pourvu que des femmes y viennent, elles y attireront des hommes, qui par leur présence valideront ex post le choix des femmes de venir. Plus généralement, ce type de marché est en général caractérisé par des équilibres multiples, et donc par une certaine fragilité/imprévisibilité.

Il est heureusement possible pour le patron du bar de se prémunir contre l'équilibre "bar vide". Il suffit par exemple d'offrir des verres gratuits à un des deux côtés du marché (en général, les dames) tout en faisant payer double l'autre côté. L'idée est de rendre le bar attractif pour les femmes même si il n'y a personne d'autre (ça fait toujours un verre gratuit), ce qui fait que les hommes sont sûrs qu'il s'y trouvera des membres du sexe opposé et sont prêts à y payer leurs consommations plus chères. Il s'agit en gros de tuer l'équilibre "bar vide". Un deuxième résultat courant sur ce type de marché est donc que la tarification peut avoir un impact important sur l'équilibre obtenu, et que des tarifications "discriminatoires" (ie. différentes pour chaque type) sont en général optimales. Voir par exemple cette référence classique sur le "chicken-and-egg problem" rencontré par tout patron de bar. Ceux qui chercheraient un "survey" classique devraient lire cet article.

Les applications sont très nombreuses, tellement peut-être que le concept perd en précision ce qu'il gagne en extension. Les plateformes de rencontre en ligne sont l'exemple typique (d'autant que les données disponibles ont permis de multiplier les études empiriques). Je conseille notamment cet article qui prend en compte qu'un client d'un site de rencontre qui paie un compte "premium" plus cher signale au côté du marché qu'il cherche à rencontrer qu'il est un client "sérieux".

J'aime bien aussi l'exemple des producteurs de consoles de jeux, qui doivent à la fois amener les clients à acheter leurs consoles et les studios à développer des jeux pour leurs consoles plutôt que les concurrentes, mais beaucoup de marchés du travail peuvent fonctionner de la même façon : soit en voyant employeurs et employés comme les deux côtés, soit lorsqu'il y a des externalités entre employés (par exemple de jeunes chercheurs peuvent accepter des conditions de travail toutes choses égales par ailleurs moins bonnes pour intégrer un département disposant de chercheurs déjà reconnus, tandis qu'inversement ceux-ci peuvent apprécier avoir de la chair fraîche avec qui travailler). Mentionnons aussi le marché des cartes de crédit : la société qui produit la carte et gère le système de paiement doit à la fois convaincre les commerçants d'accepter la carte et les consommateurs de l'utiliser, sachant que plus une carte est utilisée et plus les commerçant ont intérêt à l'accepter, tandis que plus une carte est acceptée et plus il y a intérêt à l'utiliser (ce genre de choix paraît trivial en France, mais venez faire un tour en Allemagne et vous comprendrez le problème) Voir cet article pour un résumé des applications à ce problème. Le dernier exemple que j'aimerais mentionner est évidemment celui des marchés financiers, une plateforme boursière pouvant être vue comme mettant en contact des offreurs et des demandeurs de liquidité (une importante différence avec la plupart des exemples précédents étant qu'ici les deux côtés du marché se mettent d'accord sur un prix).

2. Oui, mais les blogs dans tout ça ?

Mais, au final, quel rapport avec les blogs ? Je propose d'analyser ceux-ci comme des plateformes où se rencontrent deux types de lecteurs, interagissant via les commentaires. Le premier type est constitué de lecteurs qui cherchent à s'informer et discuter en toute bonne foi, c'est-à-dire qui viennent pour donner et recevoir de l'information, et confronter des idées. Le deuxième type est constitué de gens que Mathieu P. avait judicieusement qualifié de "write-only", parmi lesquels on trouve toutes sortes d'idéologues, d'obsédés, de complotistes, de militants etc., avec en commun d'être animé par un esprit de croisade très développé. A la différence des précédents, ceux-ci ne cherchent absolument pas à confronter des idées et à recevoir de l'information, mais se servent simplement de la tribune qui leur est offerte pour exposer leurs idées, qui sont rarement plus que le rejet de celles des autres. Appelons donc le premier groupe les "lecteurs" et le second groupe les "croisés".

Pour limiter les malentendus je tiens à préciser que les commentateurs austrianisants ne relèvent pas en général du type du croisé mais d'une variété plus sympathique dont il sera question plus bas sous le nom de spécialistes. Par croisés j'entends l'équivalent blogosphérique des chevaliers templiers (mais pas Serenis Cornelius, mais chut), pas de Pierre l'Hermite. Je ne parle pas non plus de trolls, dont la sociologie a été brillamment étudiée par Denis Colombi.

Il existe de fortes externalités entre les deux groupes. Les lecteurs ont en moyenne des externalités positives entre eux : ils rendent les échanges plus vivants, apportent davantage d'information et de points de vue quand ils sont plus nombreux. Je pense que les croisés ont plutôt une externalité négative sur l'autre groupe : personnellement je n'aime pas trop laisser un commentaire au milieu de 20 tordus qui passent leurs journées à se taper les uns sur les autres avec une égale mauvaise foi et bêtise des deux côtés. Les croisés peuvent avoir des externalités négatives entre eux, si par exemple ils veulent promouvoir des idéologies diamétralement opposées ; certains peuvent néanmoins être suffisamment désœuvrés et/ou cinglés pour apprécier d'avoir toujours sous la main un débat vaseux dans lequel répandre leur médiocrité. Enfin, les "lecteurs" ont bien souvent sur les "croisés" des externalités positives : après tout le but de ces derniers est bien souvent la "conversion" des premiers. Notons que c'est assez différent du cas standard des marchés bifaces, où les deux côtés du marché cherchent à se rencontrer tandis qu'ici l'un cherche à éviter l'autre. De plus il n'est pas possible (ou il est difficile) d'interdire l'entrée à un des deux côtés du marché.

Quel est l'objectif de la plateforme, ou du blog dans le cas qui nous occupe? Il serait intéressant de lancer un sondage auprès des blogueurs sur le sujet, dans mon cas personnel mes motivations ne sont pas très claires mais ce qui est sûr c'est que j'apprécie beaucoup plus la qualité des lecteurs et commentateurs que la quantité, et qu'en particulier les "croisés" ne m'apportent en tant que tel aucune utilité positive. Il en va différemment pour les sites à but lucratif, pour qui lecteurs et croisés sont également bons à prendre tant qu'ils cliquent parfois sur des pubs et donnent l'impression d'un site actif.

Le problème du blogueur est le suivant. Si le contenu est bon et qu'il y a peu de croisés actifs sur le blog, les lecteurs affluent. Mais plus ils affluent et plus le blog devient intéressant pour des croisés en mal de cibles. Plus les croisés sont nombreux et plus les lecteurs fuient. Quel est l'aboutissement de ce processus? Cela dépend beaucoup de la force des différentes externalités et du nombre d'utilisateurs potentiels des deux groupes. Mais on peut très bien imaginer plusieurs équilibres possibles (simultanément ou non) : par exemple seulement des croisés qui se battent entre eux et font fuir tous les lecteurs, ou un équilibre avec plus encore de croisés mais aussi beaucoup de lecteurs exerçant entre eux suffisamment d'externalités positives pour compenser le désagrément causé par les croisés.

On peut d'ailleurs observer ces divers équilibres. Les grands sites d'information en ligne ont en général des commentaires absolument envahis par des croisés de la pire espèce, dont beaucoup font probablement partie de cellules de veille des différents partis politiques. Il est d'ailleurs frappant de constater qu'une énorme partie des commentaires sur des sites fréquentés par des millions de personne doivent être le fait de quelques centaines de gens tout au plus. Quelques articles de Rue89 donnent un exemple extrême du phénomène. Mais notons que ce sont justement des sites animés par le profit, et qui à nombre de lecteurs égal se fichent en tant que tel que leurs commentateurs soient de vrais lecteurs ou des croisés. Sur la plupart des blogs on a en général un équilibre avec surtout des lecteurs et quelques croisés. Mais jadis Bernard Salanié avait par exemple tout simplement fermé son blog aux commentaires parce qu'il en avait assez, avant d'arrêter le blog lui-même.

Le forum d'econoclaste avant sa fermeture prolongée puis réouverture relevait d'un cas légèrement différent, avec comme deux groupes des gens intéressés par l'économie mais pas forcément bien formés (des étudiants en première année par exemple), et des spécialistes, dont certains ont leurs marottes économiques qu'ils essaient de promouvoir, tout en acceptant la discussion, ce qui les distingue des croisés précédents. Il m'a semblé percevoir petit à petit un glissement vers un équilibre où les spécialistes parlaient entre eux et où les autres ne participaient plus de peur d'avoir l'air idiots, mais je peux me tromper. J'ai parfois un peu le même sentiment sur ce blog, qui attirait auparavant plus de questions "de non spécialistes" auxquelles Emmeline et moi nous efforcions de répondre. C'est une pente que j'aimerais d'ailleurs éviter si possible, d'où parfois mon empressement à conclure abruptement des discussions lorsque on en est à 20 messages pour discuter des mérites comparés des écoles autrichienne et mainstream dans un sujet sur l'économie du jeu vidéo, ce qui a tout pour faire fuir les curieux de passage, on les comprend.

De même que le patron de bar peut différencier les prix entre les groupes, le blogueur a à sa disposition comme outil le contenu de ce qu'il publie. Personnellement c'est avec en tête le problème ci-dessus que j'évite à dessein les sujets trop politiques ou correspondant de trop près aux marottes des groupes que je cherche à éviter, sauf quand c'est vraiment trop tentant. C'est pourquoi on ne verra sans doute jamais de sujet sur l'étalon-or sur ce blog, et probablement pas non plus sur la création monétaire, c'est ainsi. Je me félicite également d'écrire des billets très longs, qui font en général fuir assez vite les non lecteurs. En dernier recours, ne pas publier certains commentaires reste un outil assez imparable, mais utilisable seulement ex post.

En conclusion, je trouve intéressant de constater qu'alors qu'Internet fonctionnait à ses début sur un mode très ouvert, avec comme idéal un réseau sur lequel le monde entier serait connecté et pourrait interagir, les groupes formés ont eu tendance au contraire à se restreindre au cours du temps. L'hyper domination de Facebook par exemple n'est vraie que pour l'Europe, l'Amérique du Nord et les anciennes colonies britanniques essentiellement. Dans d'autres régions culturelles ce sont des réseaux différents qui dominent, et l'une des raisons en est que les gens veulent rester entre eux : si quand vous cherchez un contact sur Facebook vous avez comme premiers résultats deux mille personnes qui habitent en Chine et que vous n'avez aucune chance de connaître, c'est un peu ennuyeux. De même certains forums ne sont accessibles que après création d'un compte, voir uniquement sur invitation ou avec un parrainage. On comprend bien pourquoi dans le cas des sites de rencontre : si un grand réseau permet d'être en contact avec plus de gens, un petit réseau permet d'être en contact avec des gens qui vous ressemblent plus. D'où l'existence d'un site de rencontre pour les fans de Johnny Halliday, par exemple. Cette logique de fermeture est analysée notamment ici.

  • Economicismes
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La "Loi de Gresham"

serenis cornelius — 02/10/2012 - 11:12

La "Loi de Gresham" s'appliquerait donc aussi, en partie, aux blogs ? de sorte qu'il arrive que "Les mauvais commentaires (les Croisés) chassent les bons (les Lecteurs) " ?
Sinon je constate également nombre de vos propos relatifs à la dynamique des commentaires sur mon blog mais aussi sur tous ceux que je consulte régulièrement et, si je ne le fais pas moi-même, je comprends l'attitude qui consiste à les modérer.
Cela dit, j'ai un point de désaccord avec vous quand évrivez que " les commentateurs austrianisants ne relèvent pas en général du type du croisé", car:
si (comme vous l'écrivez) les Croisés sont l'équivalent des Templiers,
sachant que les Templiers étaient (sont encore?) des hérétiques,
et sachant aussi que les Austrianisants sont des hétérodoxes,
Alors les Austrialisants sont des Croisés.

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Je plussoie ... :)

Sincère nain — 02/10/2012 - 20:20

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_V_de_Babenberg
http://chateauxdumonde.canalblog.com/archives/2007/02/02/3881147.html

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@ Serenis Cornelius, @Sincère Nain

Jean-Edouard — 04/10/2012 - 10:51

Cette comparaison historique est très éclairante, néanmoins on peut se demander si Léopold V avait toute la foi et l'illumination du croisé. C'est un croisé excommunié quand même ! Peut-être Hayek et Mises étaient-ils apparentés vaguement à Léopold V ? Cela confirmerait la théorie. J'apprends via Wikipedia que c'est d'ailleurs Leopold V qui a donné son drapeau à l'Autriche : après une bonne journée de combat sa tunique était entièrement couverte de sang, si bien qu'en retirant sa ceinture il avait une belle tenue rouge avec une bande blanche au milieu. Comme quoi le "Tu felix Austria nube" n'a pas toujours été de rigueur.
Par ailleurs je tiens à dire à nouveau que je fais une différence entre "austrianisants/austrialisants/australianisants" ou autres hétérodoxes certes parfois un peu monomaniaques mais qu'on peut au moins supposer guidés par un but de connaissance, et les "vrais" croisés qui utilisent n'importe quelle plateforme disponible pour crier qu'il faut moins d'Etat / plus d'Etat / moins d'impôt / plus d'impôt / revenir à l'étalon-or / créer des monnaies roses avec des étoiles vertes (rayer la ou les mentions inutiles).

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P'tit commentaire

Moggio — 02/10/2012 - 18:52

Merci pour votre application aux blogs, tout à fait pertinente.
Je partage votre avis sur que fait que les "applications sont très nombreuses, tellement peut-être que le concept perd en précision ce qu'il gagne en extension". On pourrait presque l'appliquer à n'importe quel marché composé d'un nombre suffisant d'offreurs et de demandeurs (et d'ailleurs, ça me fait penser que le modèle du marché du travail à la Diamond-Mortensen-Pissarides pourrait bien être analysé en reprenant le concept (si ça se trouve, c'est déjà fait !)).
Je partage aussi votre avis sur l'évolution de l'ancienne version du forum d'econoclaste.
J'en profite pour signaler que le concept a bien sûr été appliqué pour analyser l'industrie audiovisuelle (télé, radio...), lorsque le média est financé par la publicité, de même que l'industrie de la presse lorsqu'il y a aussi financement publicitaire.

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Je ne sais pas si avec mon

Rémi — 03/10/2012 - 15:04

Je ne sais pas si avec mon commentaire, je ferais plus parti des lecteurs ou des croisés mais à titre d'anecdote (et j'ai trouvé la coïncidence rigolote), le jour où vous avez publié votre article, Thomas Tregouët est passé en tant qu'invité dans un de nos cours pour nous expliquer ces marchés bi-faces avec tous ces exemples.
Par ailleurs, peut-on considérer que le marché des cours particuliers pourrait ressembler à un marché bi-face avec une plateforme (acadomia) et des offreurs et des demandeurs de cours particuliers ?

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@Rémi

Jean-Edouard — 03/10/2012 - 15:42

Rassurez-vous, vous offrez un bon exemple de lecteur. C'est donc à cause de vous que Thomas n'a pas pu assister à ma soutenance, je le note.
Le cas des marchés de cours particuliers est très intéressant. En principe ce ne devrait pas être un marché biface au sens strict, parce que la structure de la tarfication devrait être neutre : qu'importe que l'élève paie 5 euros à la plateforme, le prof 0 et que le cours coûte 30 euros, ou bien que le prof paie 5 euros, l'élève 0 et que le cours coûte 35 euros. Au final tout le monde a exactement la même chose dans les deux cas. C'est donc a priori un cas où la négociation entre les deux côtés du marché neutralise les effets de type biface.
Sauf qu'un biais est introduit du fait que les cours à domicile ouvrent droit à une réduction d'impôts. Du coup dans le premier cas les parents de l'élève récupèreraient 15 euros, et dans le second 17,5. On voit qu'il est donc préférable d'avoir une structure où ce sont les profs qui paient à chaque "transaction", et pas les élèves. Sauf qu'il me semble que sur Acadomia ce ne sont pas les "transactions" qui sont taxées mais l'inscription qui doit être payante, ce qui change pas mal le problème. Néanmoins c'est un bon exemple, vous devriez demander à Thomas de développer (il vous dira aussi que je raconte n'importe quoi sur les marchés bifaces).

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Parfois, les croisés peuvent

Visiteur discret mais bienvenu — 03/10/2012 - 20:03

Parfois, les croisés peuvent avoir une externalité positive sur les lecteurs pour peu que les blogueurs répondent. A titre d'exemple, j'ai appris beaucoup de chose en suivant la conversation que vous avez eu avec le croisé du billet sur le plafonnement des prix des loyers. Après, cela dépend bien évidemment du contexte. Mais pour le profane, la réfutation des arguments des croisés n'est pas toujours évidente et il est intéressant de voir où et pourquoi ils se trompent.
Sinon, de manière plus générale, les grands sites à profit ne valent que pour l'information du billet (et encore) alors que pour les blogs comme le votre les commentaires sont souvent tout aussi intéressants que le billet en lui même, d'où une presque nécessité de ne pas être trop connu (et attirer trop de croisés).

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Moi qui disais justement

Emmeline — 03/10/2012 - 20:05

Moi qui disais justement récemment au taulier qu'il fallait reprendre le travail (herculéen) de remise en ligne des commentaires d'avant le gros bug de l'an 2009.... (ainsi que la mise à jour de l'index, tant qu'à faire).

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"pour le profane, la

elvin — 03/10/2012 - 20:34

"pour le profane, la réfutation des arguments des croisés n'est pas toujours évidente"
d'autant plus que bien souvent les "'orthodoxes" ne connaissent pas les véritables arguments des croisés, mais des caricatures de leurs arguments qui leur ont été transmises par leurs maîtres
" et il est intéressant de voir où et pourquoi ils se trompent."
Il est encore plus intéressant de voir qu'ils ont quelquefois raison, une fois qu'on sait ce qu'ils disent vraiment.

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@elvin : Je parle bien du

Visiteur discret mais bienvenu — 04/10/2012 - 09:59

— 04/10/2012 - 09:59
@elvin : Je parle bien du croisé et non du spécialiste. Vous êtes un spécialiste et vos commentaires mon appris des choses par eux mêmes, au contraire du croisé dont je parle dans mon commentaire précédent. Pour la petite anecdote, l'un de vos livres sur scribd (une introduction à l'économie) m'a apporté beaucoup d'éléments de compréhension même pour l'économie orthodoxe. Après, j'admets que "réfutation" et "tromper" ne sont pas forcément les bon termes. Comprenez plutôt ne pas se faire endoctriner trop facilement sans avoir d'autre points d'analyses.

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OK. Puisque la perche m'est

elvin — 04/10/2012 - 10:14

OK.
Puisque la perche m'est tendue bien involontairement, je la saisis (pardon Jean-Edouard!) pour signaler que ce livre est disponible sous le titre "B.A. BA d'économie" sur Amazon, à la fois sous forme imprimée et sous forme ebook (Kindle) ainsi que sous d'autres formats ebook sur Apple ibookstore et sur le site smashwords.

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